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Quelque 800 coursiers à vélo ont quitté le temps d'un week-end prolongé le macadam des grandes villes pour le tarmac de l'ancien aéroport berlinois de Tempelhof, où se disputait dans une ambiance bon enfant leur 14e championnat d'Europe.
Des Américains, Canadiens, Australiens et autres Japonais étaient aussi en lice aux côtés de coursiers venus de 80 grandes villes d'Europe.
"On ne va quand même pas interdire à quelqu'un de participer: le monde des coursiers à vélo, c'est avant tout une communauté, et ce championnat, l'occasion de se retrouver", dit Achim Cremer, porte-parole des organisateurs (Berlin Bike Messengers) et lui-même ancien coursier.
Entre les baraques à saucisses, un stand de limonade bio berlinoise et une sono diffusant du rap, plusieurs centaines de spectateurs étaient venus encourager lundi les finalistes qualifiés au cours du week-end.
Objectif de la course: faire en un temps record une série de livraisons (des enveloppes ou des cartons) sur un parcours comprenant des sens unique et des escaliers, sans oublier de fermer son cadenas à chacune des étapes pour éviter que de très officiels voleurs ne viennent chiper le vélo.
D'autres disciplines étaient aussi au programme du long week-end de la Pentecôte, comme une course par équipe -remportée par des Néerlandais de Eindhoven-, un sprint, une course "cargo" disputée à l'aide d'engins capables de transporter de gros colis, un tournoi de polo à vélo ou encore un concours de maintien en selle à vitesse ultra-réduite.
La finale principale, organisée sur le gigantesque terrain de Tempelhof où, pendant le blocus soviétique de 1948-49, les avions des Alliés ravitaillaient Berlin-Ouest coupé du monde, a été remportée par un Zurichois, Stefan Fröhlich, et du côté des femmes, une Danoise et une Suisse ex-aequo, Johanna Reeder et Nadine Schloss.
Elle a donné du fil à retordre à moult concurrents: les traits tirés, certains ahanaient pour boucler le trajet.
"Vas-y Kym! T'as vu? c'est Kym, de New York, elle est incroyable", lance Niko, un coursier de Hambourg, en visant les muscles saillants d'un petit bout de femme arrivant à toute vitesse. La candidate saute de sa selle, fait tamponner sa feuille, prend son nouveau paquet et repart aussi sec.
Niko, lui, n'a pas disputé la finale: "je me suis planté aux qualifs, j'ai oublié une étape d'escaliers", dit-il. "Et puis honnêtement, je n'avais pas la forme adéquate. Il n'y a que les plus physiques qui se sont qualifiés", ajoute celui qu'on prendrait pourtant presque pour un jeune homme, malgré ses 35 ans.
Son copain Tom, 41 ans et venu lui aussi de Hambourg, renchérit: "à ce niveau-là de la compétition, il faut des jambes et du souffle".
De formation, Tom est médecin. Mais depuis huit ans, il est aussi coursier, par plaisir. Il dit combiner "sans problème" les rendez-vous à son cabinet et les livraisons aux clients. Le plus vieux de leur entreprise, à Hambourg, a 62 ans. "Et il a une pêche, tu verrais!", dit Tom.
Il juge ce métier "top". "Tu peux gagner 800 euros brut par semaine avec 20 courses par jour, c'est pas mal", explique ce médecin-coursier.
Evidemment, "il faut s'enfiler 100 ou 120 km quotidiens. Pour ça, le secret, c'est boire -mais pas trop de bière- manger et dormir", assure Niko.
Il y a quatre ans, Patricia, 42 ans, a quitté son emploi de travailleuse sociale pour devenir coursier. "Bien sûr, je gagne moins qu'avant et il y a des jours difficiles l'hiver, mais au moins je m'amuse", dit-elle. "Pour rien au monde je ne reprendrais mon boulot de fonctionnaire".
© 2009 AFP
 Publié le lundi 1 juin 2009 à 17h20
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