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Soufflée
comme un jeu de cartes
Vendredi
21 Septembre, 10h15.
Toulouse est dévastée.
10 jours après les attentats terroristes aux Etats Unis.
Non pas par un avion tombé du ciel, mais par une explosion survenue
dans l'usine pétrochimique Azote de France, située à 5 kilomètres du
Centre Ville.
L'explosion provoque un souffle dévastateur dans un périmètre de 5 kilomètres.
L'usine est entièrement détruite, deux grandes surfaces s'écroulent,
deux lycées sont ravagés, et d'autres établissements scolaires proches
du site fortement endommagés. Des vitres soufflées, des murs démolis,
Toulouse offre des images de désolation ou la vie s'est figée, recouverte
d'une épaisse couche de poussière.
L'explosion a été générée par une forte montée de température dans une
cuvée de nitrate d'ammonium. Si pour certains l'usine respectait les
normes de sécurité et ne comprennent pas comment un tel accident a pu
se passer, pour d'autres, au contraire, cela devait arriver. Toujours
est il que la cuve de nitrate d'ammonium en question a subit un échauffement
inhabituel provoquant une forte déflagration.
29 tués, 2000 blessés.
Erreur humaine ou main assassine ? Les policiers de la SRPJ enquêtent,
à la recherche d'indices révélateurs.
Les politiques rassurent la population en privilégiant l'hypothèse de
l'accident. Mais il y a " des incertitudes ".
Les avis sont partagés.
Car il faut bien le dire, tout le monde y pensé : et si c'était un attentat
? La psychose des Etats Unis guette les Français, qui se sentent menacés.
Alors que finalement il ne s'agit peut être que d'un hasard malencontreux.
Et puis c'est tellement rassurant de penser que " ça devait arriver
". Ca devait tellement bien arriver que depuis plus de 20 ans, nombres
de personnes regardent l'usine depuis leur fenêtre, tous les jours,
en se demandant quand " ça va péter ". Comme à la télé. Comme
dans les séries américaines qu'ils regardent l'après-midi, confortablement
installés dans leur salon.
Et la sécurité ? Les fameuses normes de sécurités que tout entrepreneur
abhorre. Difficile de s'y tenir. Si " ça devait péter ", pourquoi
personne n'a pas réagi ? Et les commissions de sécurité ? Les voies
de l'administration sont impénétrables.
Et puis cette volonté de désigner à tout prix un coupable à chaque fois
qu'une catastrophe survient, comme pour rejeter la faute sur quelqu'un,
pour se rassurer. Pour dire : " on maîtrise la situation, c'est la
faute à untel, on l'a arrêté, vous êtes en sécurité maintenant ".
Evidemment dans le cas de Toulouse, il est plus prudent de savoir s'il
s'agit d'une défaillance technique ou d'un acte de malveillance. Qui
dit défaillance, dit réparations, mise aux normes. Et on en parle plus.
L'erreur est humaine, même si elle cause des catastrophes, elle est
compréhensible. Mettez vous à la place de ce brave homme qui avait la
charge de cette cuve ou du système, malheureusement défaillant ce vendredi
21 septembre. Certes il est en tort, et après ? Vous croyez qu'il saute
de joie aujourd'hui ? Et bien non. Rassurez vous ce n'est pas un monstre.
Simplement un homme qui a fait une erreur.
Enfin peut-être.
Car on ne sait pas ce qui est à l'origine de l'explosion.
Erreur de manipulation, sécurité ou attentat ?
Faites jeux, mais ne l'oubliez pas : l'erreur est humaine.
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