Deux mois ferme pour la nounou violente

Deux mois ferme pour la nounou violente

Elle avait déjà été condamné pour des faits similaires à six mois d'emprisonnement avec sursis en 1998.

C'est la deuxième comparution à la barre du tribunal pour la nounou.
A ses côtés, le père de l'enfant, à qui l'on reproche de ne pas avoir vu les hématomes que portait le corps de l'enfant. Le père de Julien (1), 4 ans, emmenait très souvent son fils chez la nourrice : après le divorce d’avec son épouse, il avait obtenu la garde de ses deux enfants. "Je n'avais jamais vu les blessures sur les enfants", explique le père.

Le président : "Il vous arrivait quand même de lui donner le bain ? Vous n'avez jamais vu de bleus ?". "Si, mais les enfants se battent toujours, alors j'appuyais sur les bleus et ils n'avaient jamais mal", répond le père. Tout dérape aux vacances de la Toussaint. Julien rentre de chez sa "nounou", la tête tuméfiée, couverte d’hématomes. FAITS. La nounou explique : "Il m'arrivait de lui tirer les oreilles, de lui mettre des claques". Un de ses enfants dira : "Ma maman me disait de le taper".

Julien était le souffre-douleur de la famille et recevait quotidiennement des coups de pied, des coups de poing, des croche-pieds… La prévenue explique ce déchaînement de violence par le fait que "l'enfant était turbulent et cassait tout dans la maison". Elle lui aurait aussi mis plusieurs "tartes". "En décembre, je ne voulais plus le garder", explique la nounou. Mais il lui rapportait un revenu d'appoint, "non négligeable".

A l'école, la maîtresse avait déjà interpellé le père de Julien à propos des marques sur le corps de l'enfant. "Chacune de ces personnes minimise leur violence. L'enfant a quand même dû être hospitalisé ! La seule chose qu'ils reconnaissent, c'est d'être allés trop loin", déplore le procureur. Il réclame six mois d'emprisonnement avec sursis et mise à l'épreuve pour le père, et neuf mois assorti d'une période de sursis à l'encontre de la gardienne. Il souhaite aussi lui interdire toute activité en relation avec des enfants et la priver de ses droits civiques, civils et familiaux. Me Carré, avocat de la nounou, demande au président de ne pas faire l'impasse sur le passé de sa cliente. Elle même avait été battue par ses parents. L'avocate demande aussi de l'indulgence : "La procédure de soins est en cours, l'incarcération ne serait certainement pas la meilleure solution".

Jugement : un an dont dix mois avec sursis et mise à l’épreuve plus 1500 de dommages et intérêts pour la nounou et trois mois avec sursis pour le père.

Aurélien CENTELLES
(1) Le prénom de l'enfant a été changé pour préserver son anonymat.
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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