Besançon : Faux braquage, vrais ennuis

La plupart des commerçants craignent de se faire braquer. Elle, au contraire, n\'aura attendu que ça pour se disculper d\'un détournement de fonds de 30 000 euros auprès de son employeur ! Mais voilà, tenir une boutique en plein centre-ville a cela de compliqué que les voleurs n\'y tentent que très rarement leur chance, plus grand étant le risque de se faire pincer.

C\'est ainsi qu\'en désespoir de cause, la vendeuse de la chocolaterie De Neuville, rue de la République à Besançon, dénonçait en avril dernier l\'attaque de son établissement par deux individus cagoulés et armés. Une attaque fictive de A à Z.

Outre les 30 000 euros de butin alors signalés (même en période de Pâques, ça fait beaucoup pour du chocolat industriel), c\'est l\'absence totale de témoins en ce samedi matin qui aura poussé les enquêteurs à s\'intéresser d\'un peu plus près à la \"victime\" et à son train de vie… rythmé par les dépenses coûteuses et les paiements en liquide.

Devenue suspecte numéro un, la jeune femme de 26 ans, convoquée mardi au commissariat, révélait effectivement après 24 heures de garde à vue avoir monté cette histoire de toute pièce pour se sortir d\'une mauvais pas, fait de détournements de fonds réguliers depuis janvier 2011. Une situation tellement désespérée d\'ailleurs qu\'elle n\'avait pas hésité à s\'auto-poignarder superficiellement au ventre pour crédibiliser son agression. En vain.

Présentée dès hier devant le parquet, elle s\'est vu remettre une convocation pour abus de confiance et dénonciation mensongère, à faire valoir le 28 juin prochain devant le tribunal correctionnel de Besançon.

C\'est marron, parfois compact, parfois fondant, elle a les deux pieds dedans, mais ce n\'est plus du chocolat…

C.R
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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