Fin du jardin botanique

Pour l’Université, l’organisation actuelle du jardin doit être sérieusement remise en cause.
Mais elle affirme pourtant ne pas se désintéresser du sort réservé au jardin. Difficile de percer ses réelles intentions.

C’est officiellement confirmé par le secrétaire général de l’Université, Louis Bérion : “D’ici 2007, le jardin botanique ne sera plus un objet de recherche pour nous.”

C’est clair et net. En d’autres termes, un universitaire lâche : “Nous ne voulons plus continuer à financer un outil qui ne sert plus qu’à accueillir des visites de scolaires.”
La botanique serait-elle une matière tombée en désuétude ? “Les missions de nos laboratoires de recherche ont beaucoup évolué ces 10 dernières années, justifie Éric Lucot, enseignant-chercheur et directeur du jardin botanique.

Et le jardin n’a pas suivi ces évolutions. En recherche, l’utilisation du jardin est désormais très réduite pour nous. ça ne justifie plus les investissements actuels.”
La botanique est de moins en moins enseignée à l’Université de Franche-Comté.

En pharmacie, “elle ne l’est quasiment plus.” C’est une matière encore au programme de la nouvelle licence de biologie. Mais la contribution du jardin dans l’enseignement ne va pas plus loin que les visites des collections pour les étudiants. “Cet aspect-là, nous allons essayer de la développer” note pourtant le directeur, cherchant à faire comprendre que l’Université ne se désintéresse pas totalement du sort du jardin botanique.

“De plus en plus, les collègues privilégient l’approche terrain, le jardin ne vient qu’en complément” ajoute-t-il aussitôt.

C’est essentiellement sur la partie “recherche” que l’Université veut faire évoluer la situation. “Notre thème de recherche principal est l’écophysiologie de la plante, c’est-à-dire le lien entre la plante et les perturbations du milieu. Dans ce cadre, nous n’avons pas un besoin direct des collections de plantes présentes ici.

Nos travaux sont plus ciblés. Cela signifie qu’à nos yeux, l’organisation du jardin doit être remise en cause.” C’est principalement la mission d’Éric Lucot pour les prochains mois, lui qui a été nommé directeur du jardin en avril dernier.

“Rapprocher les activités du jardin botanique de nos préoccupations”, c’est bien là l’objectif essentiel de l’Université qui affirme n’en être qu’au début de sa réflexion qui “doit aboutir à des propositions concrètes, nous l’espérons en lien avec la ville.”

Soufflant un peu le chaud et le froid, ce n’est qu’à demi-mots que l’Université avoue son intérêt vis-à-vis de l’avenir du jardin botanique.

J.-F.H.

Un article extrait de la rubrique « Évenement » de la Presse Bisontine d’octobre (N°48).
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Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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