Nuits bisontines

en manque de dynamisme


L’époque n’est pas des plus favorables pour étudier le microcosme de la nuit.

“Nous, on fonctionne à l’inverse de la côte d’Azur. Eux, c’est blindé pendant trois mois l’été, nous on ne fonctionne qu’avec l’année universitaire.

Et en ce moment, les étudiants ne sont plus là. Ils sont en partiels ou retournés chez leurs parents”, constate Fabien, le jeune gérant du Pop Hall, un bar immense qui s’étale sur deux étages avec sa piste de danse.

Une soixantaine de jeunes bougent en bas avec la musique, d’autres discutent adossés aux murs. C’est une soirée spéciale Jamaïque. “On est obligé de mettre cela en place, de se débrouiller pour les faire venir.”
Fabien en est persuadé, “il y a trois ou quatre ans, les jeunes faisaient plus la fête. Et quand ils sortent, c’est pour venir ici une heure avant la fermeture, tout à la fin. C’est sûr, ça coûte moins cher d’acheter une bouteille de vodka et de rester chez un copain que d’aller ici ou en boîte”, regrette-t-il.
Avant 22 heures, il n’a personne dans son établissement. “C’est une ville morte comparée à Dijon”, assène un autre tenancier de bar.

Pour les boîtes de nuit, le constat est le même, décalé dans le temps.
“Parce que les jeunes commencent par aller danser dans les bars et ne viennent qu’à la fermeture, à partir de 3 heures. ça nous laisse grosso modo de 3 heures à 5 heures du matin pour faire notre chiffre d’affaire”, pointe le directeur du KGB, qui lui aussi multiplie tout l’été les soirées “mousse”, “latino” ou “plage” pour attirer sa clientèle.

Et la concurrence pour les discothèques est d’autant plus rude que les bars ne demandent aucun droit d’entrée. Les bars eux plaident pour un allongement de leurs horaires d’ouverture, fixé à 1 heure en semaine et 2 h 30 le week-end. “Notamment le jeudi soir, le jour des fêtes étudiantes. En ce moment, on a le droit d’ouvrir le dimanche jusqu’à 2 heures. Sauf que personne ne sort le dimanche”, remarque Fabien, qui soulève aussi le problème du transport.
“Pourquoi n’y aurait-il pas comme cela existe déjà dans d’autres villes des bus nocturnes ?” Mais ajoute-t-il, “À Besançon, ça bouge quand même. Si on compare avec d’autres villes de même taille, on n’est pas si mal.”

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Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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