Le garde des Sceaux veut donner plus de moyens aux Spip, évoque leur réforme

Le garde des Sceaux Michel Mercier n'a pas exclu, jeudi à Besançon, de donner des moyens supplémentaires aux services pénitentiaires d'insertion et de probation (Spip) mais seulement après une réforme, a-t-il déclaré.

Interrogé sur les moyens humanitaires et financiers réclamés par le Spip interrégional de Strasbourg, il a répondu à la presse : "on va donner des moyens mais après avoir réformé, changé les méthodes de travail et mis le service au meilleur de son efficacité".
Les 103 Spip de France sont chargés du suivi de plus de 170.000 condamnés qui purgent une peine hors de prison (+ 39% en 5 ans). Ils sont également présents auprès des détenus dans les prisons.

Lors d'un déplacement la veille à Nantes, Michel Mercier avait déjà déclaré: "il n'y a pas simplement les moyens mais il faut aussi des réformes sur les méthodes de travail, par exemple dans le domaine des nouvelles technologies".

Le ministre a participé à la cour d'appel de Besançon à la conférence semestrielle sur les aménagements de peines et des alternatives a l'incarceration. Il a été accueilli à l'extérieur par une trentaine de manifestants, membres du Spip et deux juges, délégués locaux du Syndicat de la Magistrature et de l'Union Syndicale des Magistrats, quelque dix jours après une fronde inédite du monde judiciaire.
Ils ont remis à l'entourage du garde des Sceaux une motion soulignant les "difficultés extrêmes" et des services "à bout de souffle". La motion demande que soient créés, dans le ressort de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Strasbourg "cent postes supplémentaires nécessaires, dans le cadre d'un plan d'urgence pour les Spip".

Le ministre arrivait de Lons-le-Saunier (Jura) où il a remis des décorations pénitentiaires aux agents de la maison d'arrêt qui avaient été confrontés à une tentative d'évasion le 27 novembre dernier.

Le suivi pénitentiaire de Tony Meilhon, délinquant multirécidiviste et meurtrier présumé de Laetitia Perrais en Loire-Atlantique, a été mis en cause par les rapports administratifs diligentés par la Chancellerie. Aucune responsabilité individuelle n'a cependant été identifiée au sein du Spip en charge de ce suivi dont les responsables avaient de longue date tiré la sonnette d'alarme sur leur manque de moyens. Le directeur interrégional des services pénitentiaires (Disp) de Rennes a en revanche été relevé de ses fonctions.

L. L.
Publié le vendredi 25 février 2011 à 10h36

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