Tentative de meurtre pour cause de grossesse indésirée à Ronchamp

Une jeune femme était jugée hier pour avoir tenté d'écraser son ex-petit-ami. Elle a tenté d'excuser son comportement en invoquant des troubles bipolaires et une grossesse non désirée.

Le jeune couple s'est séparé fin 2008 après que la demoiselle ait frappé son ami avec un verre. Blessé à la main, un tendon sectionné et 32 points de suture plus tard, le jeune homme refuse de porter plainte mais retourne vivre chez ses parents à Ronchamp, en Haute-Saône. Il se dit lassé du comportement "colérique, ambivalent et excessif" de sa compagne.
Un mois plus tard, celle-ci appelle son ex et demande à le voir afin de lui parler. Ils se donnent rendez-vous à Ronchamp.

La rencontre fut brève : la jeune femme, 26 ans à l'époque, annonce qu'elle est enceinte. Son ancien compagnon n'est pas persuadé d'être le père, une dispute éclate.
Elle remonte alors dans sa voiture et fonce délibérément sur le jeune homme. Celui-ci tente de s'enfuir à pied, mais il est percuté aux jambes. Il tombe à terre, victime d'une double fracture tibia-péroné.
La conductrice fait alors une marche arrière, avec la ferme intention d'écraser le blessé qui git à terre, incapable de se relever. Heureusement, un proche a assisté à la scène et tire le jeune homme en arrière, lui sauvant probablement la vie.
La furie ne renonce pas : quelques instants plus tard, elle fonce sur le groupe qui entoure sa victime, faisant deux blessés légers.
Interpellée peu après, elle a reconnu vouloir tuer son ex : "Je n'avais qu'une envie, c'était de ne pas le rater."

Accusée de tentative de meurtre avec arme, la jeune femme était jugée hier à Vesoul. Tout au long de son audience, elle est apparue enjouée, souriante, comme en représentation.
Elle a tenté de se justifier tant bien que mal, affirmant ne se souvenir de rien : "Depuis toute petite, quand je me mets en colère, j'ai tendance à perdre la mémoire". Elle a répété plusieurs fois qu'elle n'était "pas lucide" au moment des faits et qu'elle en voulait à son ami qui refusait de reconnaître son enfant.
Cette ligne de défense ne semblant pas très efficace, elle a ensuite accusé son ancien compagnon de "violences et d'humiliations". Des faits qui n'ont strictement aucun témoin.
L'accusée, comprenant qu'elle n'était pas crédible, a fini par se mettre en colère et a invoqué des problèmes psychiques : "C'est facile de dire qu'on est cinglée quand on est bipolaire. C'est facile".
Cette version au moins ne peut être que confirmée par l'expert psychiatre, selon qui la jeune femme souffre d'"anomalies mentales".

Les jurés rendront leur verdict ce soir.

R. Hingray
Publié le mardi 25 octobre 2011 à 16h22

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