Un restaurateur devant le tribunal

Ce sont les inspecteurs de la DGCCRF ( Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes ) qui ont découvert à la suite d'un contrôle le 18 octobre 2005 que le restaurateur de Baume les Dames utilisait du Jambon de Pays à la place du "Fumé du Haut Doubs" qui composait le menu terroir, et faisait fonctionner son restaurant avec "un sérieux doute sur l'hygiène".

De nombreuses anomalies ont été repérées par l'inspectrice lors du contrôle : 1 kg de frites "moisies et pourries", "la présence importante de givre dans les congélateurs", "des faiences recouvertes de graisse" et un "lavabo inutilisable".

Dans un entretien téléphonique, le restaurateur explique : "J'ai été présenté au tribunal comme un criminel. Deux jours après, vos confrères ne se sont pas privés de faire le scandale du mois à Baume les Dames. En effet, dans notre profession, il est courant d'avoir des amendes pour ne pas avoir respecté certaines règles.
En ce qui concerne les frites moisies retrouvées par l'inspectrice, nous n'en avons pas sur notre menu. C'est notre enfant de 11 ans qui voulait en manger quelques unes, il est alors allé en chercher au supermarché du coin et on lui a cuit. On avait oublié le sachet dans le congélateur, sachant que nous n'en servons pas au restaurant".

Concernant les faiences recouvertes de graisse, le restaurateur a deux explications : "l'inspectrice est intervenue à 12h30, en plein service. Les deux salles étaient combles, et quand on fait la cuisine en plein service, on ne peut pas faire en même temps le ménage."

Le restaurateur était aussi poursuivi pour avoir indiqué sur la carte du "Fumé du Haut Doubs" et avoir proposé frauduleusement du "Jambon de Pays". "Nous allons engager des poursuites contre notre fournisseur. Il s'était engagé à nous fournir du Jambon de Franche Comté, et il ne l'a pas fait. Aujourd'hui c'est nous qui subissont les conséquences de l'erreur de notre fournisseur", explique le propriétaire de l'Hotel Restaurant.

"Ce qui a été le plus dur, c'est de ne pas avoir pu expliquer tout cela devant le tribunal, et de ne pas avoir été compris. Dès le lendemain on s'est aperçu en ouvrant le journal que l'affaire avait été traitée par les journalistes comme un scandale. Le maire de Baume-les-Dames nous a immédiatement téléphoné et nous a réconforté. Les clients sont aussi solidaires. Vous savez, si on avait commis des erreurs ou intoxiqué des clients, ça ne ferait pas 16 ans que le restaurant serait ouvert".

Le restaurateur a été condamné par le tribunal correctionnel à 750 euros d'amende et 1400 euros de dommages-intérêts aux deux associations de consommateurs qui se sont portées partie civile.
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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