Besançon : je t\'aime moi non plus, un vaudeville à l\'ancienne

Un septuagénaire comparaissait hier devant le tribunal de Besançon. Son crime ? Avoir aimé à en perdre sérieusement la raison, oui Madame. Nul doute que feu Jean Ferrat doit s\'en retourner dans sa tombe...

Que les romantiques en herbe et autres amoureux transits se retiennent de monter au créneau avant que les faits n\'aient pu être exposés ! Au menu ? une dulcinée et ses deux amants, tous trois en proie à leurs rhumatismes respectifs ; comprenez par là qu\'ils ont peu ou prou le même âge. Les ménages impaires - voire simplement à plus de deux pour qui veut rester dans son bon droit - ne faisant justement que très rarement bon ménage, un « plouf plouf, ce sera toi que je choisiras » se sera vite imposé à la belle, cette dernière délaissant notre prévenu du jour pour son supposé séduisant rival, mettant un terme à cinq années de relation. On est alors en mai dernier. Peu enclin à goûter au célibat, ses possibilités de reclassement étant aussi minces que pour un senior au chômage, notre amoureux tant déçu que déchu n\'aura par la suite de cesse de multiplier les cris du cœur... à coups de noms d\'oiseau destinés à nos deux tourtereaux ou, plus charmant encore, en molestant sans détour le nouveau coq de la basse-cour. Mais rien n\'y fait : la seule plainte retenue sera celle déposée par le \"jeune\" couple mi-août après trois mois de harcèlement intensif et une ultime intimidation marquée par une embardée en voiture devant le commissariat à cette occasion.
Hier au tribunal, notre homme, inconsolable mais surtout peu disposé à reconnaître ses torts, n\'aura pas pu compter sur la clémence de la cour pour noyer son chagrin : privé de son permis, il s\'est par ailleurs vu infliger une peine de six mois de prison avec sursis mise à l\'épreuve. Passée la bagatelle, la cerise sur le gâteau demeurera, bien entendu, l\'interdiction formelle d\'approcher ses victimes à l\'avenir.

La cœur a ses raisons que même les juges ignorent...


GéPé
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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