Des grandes vacances qui raccourcissent?

L\'information tourne en boucle sur le web, retransmise par des centaines d\'adolescents en colère : le gouvernement voudrait raccourcir les vacances d\'été, plus connues sous le nom de \"grandes vacances\"!
Une rumeur certes révoltante, mais totalement fausse! Voilà qui va être difficile à faire comprendre aux collégiens et lycéens qui descendent déjà dans la rue afin de manifester contre cette réforme fantôme...

A l\'origine de cette rumeur, il y a l\'annonce d\'un prochain débat national sur le rythme scolaire des élèves français. Une réforme de l\'école est en effet réclamée depuis longtemps par les parents comme par les professeurs : les enfants français travaillent plus que leurs camarades européens (914 heures de cours par an contre 777 en Finlande) sur une durée plus courte (l\'année scolaire dure 35 semaines en France contre 38 en Finlande).
Une assiduité qui ne donne par pour autant de meilleurs résultats : les petits français sont loin d\'avoir d\'aussi bons résultats que leurs voisins européens, ils sont également plus fatigués, plus stressés, et plus déprimés! Bref, il est temps d\'agir...
Plein de bonne volonté, le ministre de l\'éducation Luc Chatel a annoncé qu\'il faudrait probablement revoir l\'organisation des vacances scolaires, et il a vaguement émis l\'idée d\'un raccourcissement des vacances d\'été.
Juste une hypothèse, qui a rapidement été reprise sur internet et tout aussi rapidement déformée : selon certains sites soi-disant bien informés, les grandes vacances pourraient dès 2011 ne plus durer qu\'un mois, au lieu des deux actuels!

On comprend qu\'une telle nouvelle ait révolté les adolescents, les vacances étant ce qu\'ils préfèrent dans le système scolaire actuel.
Dès la mi-avril, des groupes contre cette soi-disant réforme apparaissaient sur Facebook, rassemblant des centaines de jeunes en seulement quelques jours. Plus grave, des manifestations ont été organisées, souvent via des réseaux sociaux. Ainsi la semaine dernière, des collégiens sont descendus dans la rue dans plusieurs villes de France afin de crier leur mécontentement.

Ces réactions en série étonnent l\'UNL, un des principaux syndicats lycéens, qui essaie aujourd\'hui de convaincre ses délégués que \"Un mois de vacances d\'été, il n\'en a jamais été question!\".
Le syndicat craint que cette rumeur ne soit en fait qu\'une simple blague lancée par sms, et qui aurait été mal interprétée.

Avant même son lancement, le débat sur l\'école provoque donc déjà la colère des principaux concernés. Voilà un sujet qui devra être mené avec tact par le gouvernement, sous peine de nouvelles grèves lycéennes...

R. Hingray
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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