Enfants malades

Toujours plus haut dans le ciel



Ils sont six enfants malades, soignés à l’hôpital Saint-Jacques. Le 23 septembre, ils s’envoleront en parapente en ouverture de la coupe Icare, en Isère, l’un des plus gros rassemblements de la discipline en France.



Comme pour prendre un nouveau départ.



Le crâne rendu chauve par les traitements, Sébastien a le regard captivé par le film. Sur l’écran, une cassette de présentation de parapentes défile. Pour le petit garçon de huit ans, voler est un rêve. Plus que cela même. Dans sa chambre, les posters d’hélicoptères, avions, parapentes en tout genre commencent à envahir les murs. “Depuis qu’il a fait sa rechute, il est passionné. Il veut absolument aller voir ce qu’il y a dans le ciel. Peut-être parce qu’un jour, on lui a dit que sa grand-mère était au ciel, je ne sais pas”, explique sa mère en souriant.



Alors, depuis qu’il sait qu’il va voler en parapente, il compte les jours et s’impatiente. “ça lui a donné une force énorme pour faire face à ses traitements, il ne pense plus qu’à cela”, reprend sa mère.



Comme cinq autres enfants malades de 7 à 15 ans, atteints comme lui de leucémie ou de cancer, Sébastien a été choisi pour faire partie de l’opération “L’aile aux enfants”. Les 23 et 24 septembre prochains, tous s’envoleront en parapente biplace des hauteurs de Saint-Hilaire-du-Touvet, en Isère, pour l’ouverture de la coupe Icare, l’un des plus grands festivals du genre, qui attire chaque année près de 80 000 passionnés de la discipline.



L’opération est née d’une rencontre entre le club de parapente Decouv’air, basé à Montfaucon, et l’un des médecins de l’hôpital Saint-Jacques de Besançon, Pierre Rohrlich, lui aussi parapentiste. “J’avais envie depuis plusieurs années de faire partager cela aux enfants. De les sortir du cadre de l’hôpital et de s’amuser deux jours avec eux”, affirme le médecin.



Chaque année, le service accueille près de 45 nouveaux patients. Il a fallu faire un choix, “en fonction des traitements de chacun et puis ensuite la motivation.”

Dimitri, quinze ans, est le plus vieux de la bande. C’est un grand adolescent fluet, avec sa casquette grise sur la tête. Dès qu’il a entendu parler du projet, il a dit oui. “C’était vraiment un truc que je voulais faire, le parapente”, dit-il doucement.



Depuis un an, il se bat avec la maladie, a dû suivre des cours par correspondance, faute de pouvoir aller à l’école. Désormais, il est en rémission et est retourné chez ses parents. Le vol en parapente, c’est un peu aussi le symbole d’un nouveau départ, la fin des séjours à l’hôpital et de la période sombre de la maladie. “Et puis ça va aider à oublier un petit peu”, ajoute-t-il.



Devant le film, qui montre quelques images de la coupe Icare, à laquelle il va participer, lui aussi a les yeux brillants. “ça a l’air vraiment super. Je m’attendais pas à cela, un festival avec autant de monde” s’enthousiasme-t-il. Richard, son père, approuve. “Pour les enfants en voie de guérison, c’est important. Et puis si ça peut aider à montrer que tout le monde n’est pas en bonne santé, qu’il faut penser à eux aussi.”



D’une voix monocorde, il raconte la vie qui change avec la maladie, tout à coup “on ne prévoit plus rien, maintenant, on sait peut-être mieux profiter de chaque instant aussi.”




Plus d'infos sur la coupe Icare


S.D.



Article à lire dans le numéro 58 de La Presse Bisontine en vente jusqu’au 20 septembre.
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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