Famille tchétchène menacée d'expulsion

Un couple tchétchène et leurs quatre enfants, dont un nourrisson de 3 mois, qui vivent à Dôle (Jura), sont menacés d'expulsion vers la Pologne où ils avaient déposé une première demande d'asile politique, a-t-on appris mercredi auprès de la préfecture du Jura.



Visés par un arrêté de "réadmission", les deux parents Sabirov ont été interpellés lundi avec leurs quatre enfants, âgés de 3 mois à 13 ans, à Dole où ils résident depuis leur arrivée en France en décembre 2005. La famille a ensuite été conduite dans le centre de rétention de Lyon.



Mercredi matin, le couple a comparu devant un juge du tribunal de grande instance de Lyon qui doit se prononcer dans l'après-midi sur la prolongation ou non de leur période de rétention.



"C'est honteux de s'en prendre ainsi à une famille", proteste Springfield Marin, du Réseau éducation sans frontières (RESF) du Jura, qui dénonce des méthodes d'interpellation "scandaleuses": "les policiers sont venus

interpeller la petite Madina, 8 ans, alors qu'elle était à l'école", affirme-t-il, ce que confirme la préfecture du Jura.



Même s'il reconnaît que cette famille n'entre pas dans les critères de la circulaire Sarkozy, M. Marin plaide pour une approche "humaine" de la situation: "leur bébé est né en France, leurs enfants sont scolarisés et la mère est en mauvaise santé. Quelle urgence y a-t-il à les renvoyer en Pologne où ils seront moins bien pris en charge?", s'interroge-t-il.



La préfecture du Jura invoque, elle, le "strict respect du droit". "La famille Sabirov a demandé l'asile en France mais elle avait déjà fait une première demande en Pologne en 2004. En vertu des accords de Dublin, ils doivent dont être +réadmis+ en Pologne pour que leur requête soit examinée", indique un représentant de la préfecture.



"Ils ne parlent pas français et n'ont pas d'attaches particulières ici", ajoute cette même source qui reconnaît néanmoins que la situation est "humainement compliquée".



Après avoir organisé des rassemblements à Dole et à Besançon mercredi matin, des représentants de RESF doivent rencontrer le préfet du Jura mercredi après-midi.





LONS-LE-SAUNIER, 5 juil 2006 (AFP) -
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

Confirmez-vous la suppression ?