Fausses ordonnances à Belfort

Une secrétaire médicale anciennement employée à l\'hôpital de Belfort était jugée hier pour avoir rédigé de fausses ordonnances, qui lui étaient destinées.

Cette femme souffre d\'une maladie orpheline qui provoque d\'insupportables douleurs au dos. Au cours d\'une hospitalisation, les médecins lui ont prescrit de la morphine afin de la soulager.
Mais à sa sortie, la malade était devenue dépendante à ce médicament dérivé de l\'opium.

Profitant de son emploi de secrétaire médicale au service pneumologie, elle a dérobé un carnet d\'ordonnances vierges et s\'est prescrit des doses de morphines en imitant la signature d\'un médecin.
La douleur étant de plus en plus insupportable, la jeune femme absorbait parfois un cachet toutes les heures.
Le pot aux roses a été découvert par un pharmacien qui a prévenu l\'hôpital.

Selon son avocate, la jeune femme absorbait la morphine pour soulager sa douleur, certes, mais aussi pour des raisons psychologiques, suite à des problèmes professionnels et familiaux.
Le procureur quant à lui a rappelé qu\'il ne s\'agissait pas d\'un trafic de médicaments, comme les enquêteurs le craignaient au début, mais d\'une femme en souffrance, mal suivie médicalement. Les médecins auraient en effet dû prévenir les risques de dépendance à la morphine. Un avis partagé par l\'avocate, selon qui sa cliente a été \"rendue toxicomane\" par des médecins qui l\'ont ensuite \"laissée se débrouiller seule\".
Malgré ces circonstances atténuantes et en raison des préjudices financiers et moraux subis par la Caisse Primaire, la mutuelle et le médecin, la jeune femme a été reconnue coupable et condamnée à un mois de prison avec sursis. Elle devra également rembourser sa mutuelle à hauteur de 2 077 €.

Depuis que cette affaire des fausses ordonnances a été dévoilée, la coupable a été licenciée de l\'hôpital.
Elle a par la suite consulté d\'autres médecins, qui l\'ont aidé à sortir de sa dépendance à la morphine.

R. Hingray
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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