Fausses roumaines, vraies arnaques à Besançon

La France compte presque 8 millions de célibataires. Autant dire que les sites de rencontre et autres agences matrimoniales ont encore de beaux jours devant eux... et éventuellement un certain nombre de coeurs esseulés à arnaquer!
Récemment, c\'est un quadragénaire jurassien qui a profité de la solitude masculine pour s\'enrichir.

L\'idée de l\'arnaqueur n\'était pas très originale : en France il y a des hommes célibataires (et riches), en Roumanie il y a des femmes tout aussi célibataires (mais pauvres). Pourquoi ne pas réunir les deux? Les journaux regorgent de petites annonces de ce type... Certaines d\'entre elles sont sérieuses, d\'autres le sont un peu moins.
Les femmes évoquées dans les annonces du jurassien existent vraiment. En revanche, les réponses qu\'elles adressent aux hommes intéressés sont entièrement écrites par le faux marieur. Lequel semble avoir beaucoup d\'imagination, au vu des lettres enflammées qu\'il écrivait!
Rapidement, l\'homme réclamait (au nom des femmes roumaines bien entendu) un chèque de 300 à 500€ pour les frais de dossier, à adresser à \"l\'Institut International Francez\" (la faute d\'orthographe étant sans doute là pour \"faire vrai\").
Une fois le chèque retiré, les prétendants recevaient une lettre dans laquelle leur promise expliquait qu\'elle avait rencontré un autre prince charmant. Les espoirs de mariage s\'envolaient en même temps que les quelques centaines d\'euros généreusement offertes...

Plus de cent hommes ont été ainsi arnaqués, pour un bénéfice de plus de 40 000€. Le coupable, jugé hier à Besançon, nie pourtant avoir abusé de la crédulité de quiconque : \"Je n’ai jamais cherché à escroquer personne, j’ai fait une erreur en écrivant à la place des filles\". Une erreur plutôt rentable...
L\'avocate a de son côté expliqué que les femmes qui passent ce type d\'annonce sont souvent en contact avec plusieurs hommes, et n\'en choisissent qu\'un. Une trentaine de couples se seraient d\'ailleurs formés grâce à son client.
Ces quelques histoires à la fin heureuse ont apparemment ému le tribunal, qui n\'a condamné le quadragénaire qu\'à deux ans de prison avec sursis (au lieu des deux ans de prison, dont 6 mois ferme, requis par le tribunal de Dole) et à 15 000€ d\'amende.
Les 54 clients escroqués (et toujours célibataires) ont quant à eux obtenu des dommages et intérêts.

Laure Godey
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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