La mort, c\'est la vie à Besançon

Un centre expérimental a récemment vu le jour à Besançon afin d\'accompagner les personnes en fin de vie dans un contexte plus humain que médicalisé. Une première en France.

À deux pas d\'un cimetière, d\'une basilique et d\'un couvent, la Maison de vie est un centre de soins palliatifs non médicalisés.
On n'y soigne pas, mais on y fait tout pour soulager les patients et leur proposer une fin de vie agréable, ainsi qu\'à leurs proches. Les malades peuvent y recevoir des soins en balnéothérapie ou en fasciathérapie, ils peuvent faire du shiatsu, de l\'art-thérapie, ou simplement s\'offrir une nouvelle coupe de cheveux.
Les soignants tentent de réaliser les derniers souhaits des mourants : aller au cinéma, faire un tour en décapotable, fumer une cigarette... Autant de petits plaisirs qui prennent une importance démesurée lorsqu\'ils deviennent les derniers.

Les proches de malades peuvent circuler librement dans cette Maison pas comme les autres, manger avec eux, prendre l\'apéro dans le grand parc ombragé. Ou consulter un psychologue pour tenter de vivre au mieux cette étape douloureuse.

Si la Maison de Vie répond aux attentes des patients qui ne veulent pas finir leur vie \"sur un lit d\'hôpital\", elle convient également au personnel. Les soignants trouvent un nouveau sens à leur travail, ne sont plus obligés de faire du \"débit\" comme dans les hôpitaux traditionnels.
Les membres du personnel ont d\'ailleurs été choisis pour leur \"humanité\" et leur \"amour de l\'autre\" plutôt que pour leur expérience et leurs compétences.

La Maison de Vie a ouvert ses portes en juin 2011 dans le quartier Saint-Ferjeux, sous l\'impulsion d\'une quadragénaire, Laure Ubidos. Celle-ci nourrissait le projet d\'un centre de soins palliatifs non médicalisés depuis 8 ans.
Actuellement en \"rodage\", la Maison devrait accueillir à terme jusqu\'à sept malades à la fois, ainsi qu\'une dizaine de soignants (assistantes de vie, aides-soignants, médecin, infirmière, psychologue...).
Elle est financée par le ministère de la Santé et le conseil général du Doubs.

R. Hingray
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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