Maisons de retraites

saturation à Besançon

Les établissements d’accueil totalement engorgés

Besançon compte 20 000 personnes âgées de plus de 60 ans, soit plus de 15% de la population. Toutes ces personnes dites “âgées” ne sont pas dépendantes, loin s’en faut. La plupart sont autonomes.

“C’est à partir de 75 ans que les problèmes de dépendance commencent à se poser” commente cette responsable bisontine de la question.

Il suffit de faire le tour des établissements d’accueil des personnes âgées pour mesurer la grave crise que traverse ce secteur d’activité. Ils affichent tous complet et les listes d’attente s’allongent. Parfois jusqu’à un an…

Conséquence directe : d’autres établissements dont la vocation première est le court ou le moyen séjour se trouvent à leur tour engorgés. C’est à de véritables conséquences en cascade auxquelles on assiste actuellement sur le Grand Besançon.

Illustration avec le centre de soins Ambroise Paré des Tilleroyes, destiné à accueillir des patients en soins de suite, c’est-à-dire nécessitant une prise en charge à la sortie d’un établissement hospitalier en vue de leur réadaptation. On le nomme aussi centre moyen séjour, car il fait souvent la transition entre l’hôpital et la maison de retraite. L’évolution de ces dernières années est alarmante.

En 1995, la durée moyenne d’un séjour était de 29 jours. Aujourd’hui, il est de 55 jours. Cette augmentation est liée essentiellement au fait que ces personnes âgées ne trouvent pas de place en maison de retraite.

L’augmentation du degré de dépendance, due à l’allongement de la vie, est tout aussi flagrante et lourde de conséquences. Toujours en 1995, 55% des patients soignés aux Tilleroyes retournaient à leur domicile à l’issue de leur séjour. Ils ne sont plus que 45% à ce jour. Les autres doivent trouver une solution dans d’autres établissements type centres de long séjour, eux-mêmes engorgés : de deux mois à un an d’attente selon les établissements (Avanne, Bellevaux, Mamirolle…).

Les conséquences du manque de places se répercutent jusqu’au C.H.U. : “Il est estimé à au moins 100 le nombre de personnes âgées hospitalisées au C.H.U. et qui devraient être dans des services de soins de suite.

Tout cela a un coût car leur hospitalisation coûterait moins cher en centre de soins de suite car il n’y a pas un plateau technique aussi important qu’au C.H.U. Et toutes ces personnes occupent des lits de médecine générale alors qu’elles n’ont rien à faire à l’hôpital. Le secteur des personnes âgées est en crise” résume ce médecin gériatre bisontin.

Les conséquences ne s’arrêtent pas là. “Les personnes âgées qui ne trouvent pas de place sont obligées de rester à domicile avec toute l’assistance que cela nécessite. Elles sont souvent aidées par leurs enfants, qui eux-mêmes ont dépassé l’âge de la retraite vu l’allongement de l’espérance de vie.
Conséquence : on rencontre parfois des enfants de 65 ou 70 ans physiologiquement plus âgés que leur parent, tellement ils se donnent” poursuit un autre spécialiste de la gérontologie.

La question du manque de moyens en médecins, infirmières et surtout aides-soignantes, sans parler des kinésithérapeutes et autres ergothérapeutes ne fait que renforcer le malaise actuel de la gérontologie. “Dans mon service, j’ai 2 aides-soignantes pour 30 lits. C’est intenable” illustre ce praticien.

Comme le souligne cet autre gériatre, “même si l’allongement de la vie permet aux personnes d’être autonomes plus longtemps qu’avant, à un moment donné, elles deviennent nécessairement dépendantes et ne peuvent plus rester chez elles. Pour elles, il faudra bien de nouvelles places en établissement !”

Hélas, pour l’instant, aucun projet de nouvelle maison de retraite n’est mené sur le Grand Besançon.

J.-F.H.

Retrouvez un dossier complet dans le numéro 52 de La Presse Bisontine, en vente jusqu’au 21 février.
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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