Première neige éternelle dans le Jura

Les pistes de ski de Prémanon (dans le Jura) sont blanches. Pourtant, il n\'a pas neigé sur la commune depuis plusieurs mois. Un petit miracle que l\'on doit à la science et au progrès.
Prémanon est en effet le lieu choisi pour une expérience unique en France : la conservation de neige artificielle d\'une année sur l\'autre.
L\'épaisse couche blanche qui dissimule aujourd\'hui une portion d\'1,5 km de la piste de ski-roues des Tuffes est donc arrivée à Prémanon en janvier 2009 et a survécu aux chaleurs estivales!

Cette expérience a été mise en place en novembre 2008 par le Président de la Fédération française de ski. Celui-ci a proposé au Comité du Massif Jurassien de tenter de conserver un stock de neige artificielle d\'une année sur l\'autre.
Aussitôt dit, aussitôt fait, le Jura a relevé le défi.
7000m3 de neige artificielle, fournis par les canons du Centre National de ski nordique, sont arrivés à Prémanon en janvier 2009. Conservée en l\'état jusqu\'en avril, cette neige a ensuite fait l\'objet d\'une conservation et d\'une surveillance toute particulière.
Le précieux et fragile \"or blanc\" a été dissimulé sous 5 cm d\'écorce grossière et de copeaux de bois. Une protection apparemment bien légère, mais qui a fait ses preuves. Car six mois plus tard, la neige est toujours là! Ou presque, puisque 20% du stock manque à l\'appel. Ce qui, pour une première expérience, est relativement peu.

Le froid ayant fait récemment son retour en Franche-Comté, cette neige recyclable pouvait retrouver l\'air libre. Elle permettra notamment aux équipes de France de ski nordique de poursuivre leur entraînement dans de bonnes conditions.
Le responsable du Comité du Massif jurassien est très satisfait de cette expérience : « [La neige] est blanche et parfaitement conservée! C\'est vraiment une expérience à renouveler, d\'autant que les copeaux dont on s\'est servi sont réutilisables. »

Rien n\'étant parfait sur cette Terre, la neige éternelle a tout de même un défaut majeur. L\'enneigement est un travail colossal, qui demande une main d\'oeuvre qualifiée.
Disposer l\'ensemble du stock sur les pistes demanderait environ 2 semaines de travail intensif.
Un problème qui n\'en est toutefois pas un en cette période de crise : trouver des chômeurs disposés à travailler une quinzaine de jours ne devrait pas être trop difficile.

Laure Godey
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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