Quand Donald Trump voulait révolutionner le jeu vidéo…

Il y a 15 ans, Donald Trump n'avait pas encore d'ambitions politiques aussi affirmées qu'aujourd'hui. Et, afin de diversifier ses activités économiques, il a entrepris la création d'un jeu vidéo révolutionnaire en 2002.

Ce jeu s'appelle Donald Trump Real Estate Tycoon. Car, comme toujours chez Donald, il mise plus sur son nom que sur le reste.

Si l'on décortique le nom anglais du jeu, on s'aperçoit rapidement que l'on sera mis à la place d'un magnat de l'immobilier (« real estate ») et qu'il va falloir faire beaucoup d'argent. Si cela ne vous rappelle rien, c'est de cette manière que Donald Trump a créé une grande partie de sa fortune. On peut donc s'attendre à apprendre beaucoup de choses grâce à ce jeu !

Pour accomplir sa mission évangélique et créer son jeu vidéo, Trump va travailler avec la société Activision Value, une sous-division d'Activision, et le développeur RedCap Software.

Une fois que toute l'équipe est au complet, la programmation peut commencer en 2001 et une version finale est prête à être envoyée à tous les magasins américains dès 2002.

Pourtant, l'échec sera cuisant et le jeu pratiquement oublié jusqu'à ce jour. Nous avons pu tester ce chef d'œuvre perdu, et voici ce que nous en avons pensé...

Mais que vaut le jeu vidéo de Donald Trump ?



Lorsqu'on lance le jeu vidéo, on a une vidéo qui nous montre la création d'un immeuble gigantesque entièrement vitré. Clairement, cela fait envie, car on commence à se dire que le jeu va nous permettre d'apprendre et maîtriser les petites subtilités de l'immobilier qui feront de nous des millionnaires !

Comme tous les jeux de gestions (pensez à « Sim City », « Transport Tycoon », « Ceasar 3 », etc.), le début s'avère assez ardu. D'autant plus que le jeu est intégralement en anglais.

Heureusement, on nous propose une partie d'apprentissage, un « tuto », pour prendre en main le jeu vidéo.

Alors, on se lance…

La première impression est plutôt mauvaise. Le jeu est gris, voire marron, et la ville qu'on nous propose de gérer est tout sauf colorée. Il y a des personnages, des espèces de fantômes jaunes qui se promènent et on se demande ce qu'ils peuvent bien faire là.

Même pour un jeu vidéo qui a 15 ans, c'est laid. Mais est-ce vraiment une surprise ?

Le jeu propose donc d'acheter des immeubles et des terrains dans différentes villes. Si l'on achète des terrains, il sera nécessaire d'y construire des immeubles. Ensuite, il reste à mettre en location nos propriétés. Si l'ensemble n'est pas rentable, on peut toujours tenter de les vendre.

Comme si cela n'était pas déjà assez fatigant, le jeu vidéo Donald Trump Real Estate Tycoon nous impose de ne travailler uniquement que lorsqu'il fait jour. La conséquence est ennuyeuse puisqu'il faudra jongler avec différentes villes situées dans des fuseaux horaires qui n'ont rien à voir pour continuer à jouer.

La plus grosse difficulté, à ce moment du jeu, c'est de se familiariser avec les nombreux menus du jeu. Ceux-ci s'avèrent plutôt cryptiques, même pour qui est familier des jeux vidéos de gestion complexes...

L'enfer est pavé de bonnes intentions, la maison de Donald aussi…



Une fois la découverte de l'interface opérée, on peut décider de se lancer dans l'aventure et passer aux missions.

L'horrible voix du 45e président des USA retentit alors pour nous annoncer que l'aventure commence !

Les premières missions sont simples : il faut construire (ou détruire) des immeubles résidentiels ou commerciaux et faire de l'argent. Vous avez alors cinq grandes villes à votre disposition (souvenez-vous du problème des fuseaux horaires…).

Une fois que vous avez fait fortune, au bout de quelques missions très lassantes, vous allez devoir affronter Donald Trump lui-même !

Si l'on peut se demander ce qui a bien pu passer par la tête des développeurs à ce moment du jeu, on a sans doute la réponse : personne n'a pensé que les gens joueraient à ce jeu vidéo.

Dans Donald Trump Real Estate Tycoon, vous pouvez donc défier le président pour voir si vous arrivez à gagner plus d'argent que lui. On aurait préféré voir le jeu vidéo se transformer pour nous offrir une scène de combats de rue. Cela nous aurait permis de filer quelques gaffes bien senties à Donald !

Arrivée à la fin de cet épuisant jeu vidéo, on ne peut que constater l'échec cuisant de cette incursion dans le monde du jeu vidéo.

En pensant que son simple nom suffirait à rendre un jeu intéressant et attractif, Trump a oublié que ce sont des créateurs avec des dizaines d'années d'expérience dans ce métier qui fabriquent les jeux vidéo d'aujourd'hui. Le résultat est alors trop ennuyeux pour que l'on s'y attarde plus d'une heure.

À la limite, on aurait aimé trouver un jeu vidéo qui nous apprenne les rudiments de la gestion d'un parc immobilier, mais ce Donald Trump Real Estate Tycoon s'avère plus rebutant qu'autre chose.

Le plus simple est encore de consulter un vrai site immobilier avec des conseils, plutôt que d'espérer apprendre quelque chose de Donald Trump. Cet homme restera donc définitivement insaisissable...
Publié le lundi 12 juin 2017 à 10h09

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