Service minimum : “une entrave au droit de grève”

Extrait de l\'interview de Michel Tournier, délégué syndical CGT à Keolis Besançon, à lire dans L\'Hebdo de Besanç!on de cette semaine.


L’Hebdo de besançon : Le gouvernement s\'apprête à faire voter la loi sur le service minimum qui concerne les transports et peut-être l\'Education nationale, que pensez-vous de cette mesure et est-elle applicable à Keolis ?
Michel Tournier : Keolis est une société privée qui assure un service public et concernant le droit de grève, nous fonctionnons comme un service public. Pour la CGT, cette loi est la remise en question du droit de grève qui est un droit constitutionnel. Jusqu\'à maintenant, nous n\'avons pas besoin de justifier notre mise en grève alors qu\'avec la loi, nous devrons nous déclarer auprès de notre supérieur -ce qui n\'est pas évident pour certains- 48 heures avant le jour de grève. En ce qui concerne Keolis, nous sommes déjà soumis à un préavis de cinq jours francs… Quant à l\'application chez nous, ça me paraît difficile car si un chauffeur est victime d\'une agression, on ne pourra plus débrayer sur le champ mais plusieurs jours plus tard. Cette loi freine la réactivité.

La déclaration préalable de 48 heures n\'est-ce pas un moyen pour les employeurs d\'organiser au mieux la journée de perturbations ?
Je crains que les 48 heures servent au patronnat pour faire pression sur les employés qui se sont déclarés grévistes. Je crois que cette loi ne va rien apporter aux usagers : elle est juste faite pour entraver le droit de grève et augmenter la productivité. Les usagers ne vont pas bénéficier de cette loi : aujourd\'hui, ils sont déjà prévenus des mouvements de grève et ils peuvent prendre leurs dispositions. Et puis, pour ce qui concerne les transports, il faut bien voir que quand ça circule mal, c\'est plus souvent du à des problèmes techniques ou météorologiques qu\'à la grève.

Cette loi prévoit également le non-paiement des jours de grève…
Ce n\'est pas nouveau car jamais les jours de grève n\'ont été payés : c\'est de la démagogie de faire croire le contraire. Vous savez quand on fait grève, ce n\'est pas pour le plaisir mais pour le bien des usagers et du personnel, pour améliorer les conditions de transport.
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

Confirmez-vous la suppression ?