Baume-les-Dames (25) : Un accusé en toc

En n'hésitant pas à aborder leurs victimes en pleine rue ou en sonnant à leur porte, les voleurs de bijoux francs-comtois nous ont montré à plusieurs reprises ces derniers mois que l'audace était la première de leurs "qualités". Ce dont il n'était à vrai dire plus permis de douter depuis déjà un bon moment, et en particulier une nuit d'avril 2012 durant laquelle deux individus en quête de joyaux s'étaient délibérément laissés enfermer dans une… maison de retraite de Baume-les-Dames.

Après avoir attendu l'extinction des feux pour entamer leur tournée des chambres, ils avaient alors expliqué aux pensionnaires être les « neveux du directeur » en invitant par la suite plusieurs grands-mères à leur « confier bagues et colliers » pour qu'ils « les trait[ent] »… sous peine d' « attraper le cancer » !

Un risque que toutes avaient pris très au sérieux à l'exception d'une seule, qui avait préféré appeler une employée de l'établissement par acquit de conscience. Ce qui, bien sûr, avait aussitôt mis en fuite les deux malfrats, dont l'un réussissait à s'échapper sans mal avec son butin tandis que l'autre en laissait tomber la quasi totalité, après s'être retrouvé nez à nez avec une surveillante qui, quelques jours plus tard, l'identifiait « à 100 % » parmi 25 portraits de voleurs notoires que lui avaient fait voir les policiers.

Et c'est ainsi qu'un homme au casier judiciaire déjà lourd de 14 mentions (et purgeant d'ailleurs actuellement une peine de prison pour encore deux ans) se retrouvait donc dernièrement devant les tribunaux pour répondre seul de cette expédition crapuleuse… dans laquelle il n'aurait finalement rien à voir !

Sensibles aux arguments de son avocat, qui aura fait remarquer que les empreintes relevées sur place n'étaient pas celles de l'accusé et que trois autres suspects aux versions contradictoires avaient été interpellés ce soir-là sans étonnamment être inquiétés, les juges se seront en effet prononcés pour la relaxe du prévenu. Lequel, « innocent à 200 % », aura lui-même affirmé trouver « honteux » de s'en « pr[endre] à des mamies », en soutenant par ailleurs pour sa "défense" que « s[‘il] avai[t] voulu de l'or, […] [il] serai[t] allé cambrioler une bijouterie ».

Bref, tout ça pour dire que les véritables coupables semblent donc encore courir… sans que l'on puisse se réjouir de leur demi-fiasco, étant donné que les bijoux abandonnés sur place auront entre-temps dû être consignés par la force des choses ; leurs propriétaires respectives n'ayant été en mesure de se rappeler ce qui leur appartenait...

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Publié le lundi 8 septembre 2014 à 13h31

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