Un fils qui fait peur, à Mamirolle

Le jeune homme qui était jugé mercredi à Besançon a 25 ans, des boucles blondes, le regard doux. Mais l\'habit ne fait pas le moine : non seulement le prévenu a des \"sympathies néo-nazies\", mais en plus il terrorise sa famille à coups de sabre japonais!

Ce mercredi, ce n\'était pas les penchants hitlériens de ce jeune employé des abattoirs qui lui étaient reprochés, mais plutôt sa violence envers ses parents, chez qui il vit à Mamirolle.
Les faits qui l\'ont mené devant le tribunal remontent à lundi soir. Le jeune homme avait alors fumé des joints et bu une bouteille et demi de whisky avec son frère. Ce dernier voulant l\'empêcher de conduire, le prévenu s\'est mis en colère et a sorti un sabre japonais! Il a menacé son frère à grands coups de moulinets, jusqu\'à ce que le père cherche à séparer ses deux fils.
Une intervention que le jeune homme n\'a guère apprécié : il a arraché la veilleuse d\'une petite bouteille de gaz, ce qui a provoqué une explosion qui a blessé son père.
Celui-ci a tout de même réussi à maîtriser son fils, tandis que le reste de la famille prévenait les gendarmes.
Le jeune belligérant n\'a toutefois pas été impressionné par les militaires, et a menacé de leur \"arracher la tête\".

Difficile de faire le lien entre ce violent rebelle et le calme prévenu qui, au tribunal, reconnaît et regrette ses actes. Il explique qu\'il supporte mal l\'alcool et les stupéfiants, et qu\'il s\'en veut de sa violence envers son frère et son père.
Ces regrets ne rassurent pas les parents, qui avouent avoir \"peur\" de leur fils, et ne \"plus savoir quoi faire\" face à ses crises de nerfs.

Le cas de ce jeune homme relève-t-il de la justice ou de la psychiatrie? Les avis divergeaient mercredi au tribunal.
Le substitut du procureur demandait une peine de 8 mois de prison avec sursis, tandis que l\'avocate insistait sur la nécessité des soins psychiatriques.
Les juges ont toutefois estimé que, dans le cas présent, l\'important était de protéger la famille du jeune homme. Celui-ci a donc été condamné à 8 mois de prison, dont 4 mois ferme.

Laure Godey
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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