World Tricot n'est pas mort

Malgré une liquidation judiciaire il y a quelques mois, la société World Tricot ne baisse pas les bras : elle continue de fabriquer des vêtements (sous un nouveau nom), et forme même des stagiaires. Chanel n'aura pas le dernier mot!

En 2005, World Tricot, une petite entreprise de couture située à Lure en Haute-Saône, a porté plainte contre la société de haute couture Chanel pour contrefaçon. Le géant de la mode aurait en effet utilisé un motif conçu par World Tricot (son fournisseur) sur l'une de ses créations.
Le procès aura duré presque 5 cinq ans. Non seulement Chanel n'a jamais été reconnu coupable, mais World Tricot s'est ruiné pour tenter de se faire entendre. De clients perdus en frais d'avocat, la petite société luronne a été placée en liquidation judiciaire à l'automne dernier.

Cela aurait dû signifier la fin de World Tricot. Mais c'était sans compter sur la ténacité de sa fondatrice, qui a créé une association de soutien, puis une nouvelle société baptisée World Tricot Compagnie.
Cette dernière retrouve tout doucement le chemin des défilés de haute couture. Elle prépare actuellement une collection été de la marque pour femmes Angèle Batist, qui sera également déclinée en vêtement pour enfants et en linge de maison. Les articles produits par cette nouvelle société continuent d'être vendus dans des boutiques françaises, mais aussi à l'étranger.
World Tricot utilise en outre son savoir-faire pour former des stagiaires en stylisme, en couture, et en bureautique.

Malgré ces démarrages prometteurs, World Tricot Compagnie rencontre encore des problèmes financiers. L'entreprise demander donc "aux responsables locaux de l'État et des Collectivités locales de tout mettre en œuvre pour trouver une solution d'urgence respectueuse des parties concernées et éviter la casse programmée d'une activité qui redémarre".
Après avoir affronté le monde du luxe, World Tricot tente d'amadouer les politiciens : le résultat sera-t-il plus probant?

R. Hingray
Publié le lundi 16 mai 2011 à 17h39

Confirmez-vous la suppression ?