Doubs : Après moi le déluge

A la tête de Gardénia, structure d'aide à domicile, il se voulait être au service des autres. Mais voilà, si l'ancien président de cette association comparaissait ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Montbéliard, c'était avant tout pour avoir servi ses propres intérêts. Ce qui fait quand même tache.

Poursuivi pour abus de confiance, faux et usage de faux, l'homme était accusé d'avoir détourné 107 000 euros à son profit. Une manœuvre dont il se serait rendu coupable entre 2009 et 2012, et qui n'aurait pas vraiment aidé à réduire les centaines de milliers d'euros de déficit que couvait par ailleurs l'association, mise en liquidation dans la foulée après 11 années d'existence.

De Montbéliard à Morteau, 900 clients et 185 salariés avaient alors été priés d'aller voir ailleurs, avant que deux organismes concurrents reprennent en partie l'affaire, sauvant notamment 95 des emplois menacés.

Le malheur des uns ayant donc entre-temps fait le bonheur de l'autre, c'est à coups de généreuses notes de frais que le prévenu aurait précipité la chute de Gardénia, en s'arrogeant par exemple 1 500 € par mois… au motif de ses supposés déplacements. Ce qui, malgré l'évidente flambée des prix, fait quand même cher le litre d'essence.

Mais comme l'aura lui-même soutenu hier le principal intéressé, là n'est que l'illustration de maladresses involontaires. Lesquelles seraient donc finalement la cause première d'un détournement de fonds... commis par erreur. Une collection de bévues que le tribunal aura pour sa part sanctionnée d'un an de prison avec sursis (contre 2 ans dont 6 mois ferme initialement requis), avec obligation de rembourser les 107 000 euros indûment perçus.

Estimant ne devoir que 14 000 euros, l'ancien dirigeant, décidément pas très copain avec les chiffres, s'est décidé à faire appel de sa condamnation.

C.R
Publié le vendredi 25 octobre 2013 à 12h14

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