Des skinheads en Haute-Saône

Le canton de Gy tremble... Chaque soir ou presque, et jusqu\'à tard dans la nuit, un groupe de skinheads trouble la quiétude de quelques communes haut-saônoises. Ils ont de 16 à 21 ans, le crâne rasé et, plus grave, portent des tee-shirts au nom du NSDAP (le parti nazi).
Chacun ses opinions, certes, mais ces jeunes entendent bien faire connaître les leurs et emploient pour cela des méthodes pas toujours très catholiques. Ils avaient déjà troublé les festivités du 14 juillet à Bucey-les-Gy, notamment en agressant un homme d\'origine nord-africaine. Le week-end dernier, c\'est le marché de Gy qui a été la cible des skinheads : ils ont frappé plusieurs personnes, toutes blanches de peau cette fois.
Les jeunes gens ont plusieurs fois fini la nuit au poste de police et ils attendent d\'être jugé cet automne, puis cet hiver. Cela ne les empêche pas de continuer à faire régner la terreur sur la campagne gyloise : ils boivent, insultent les passants, leurs rient au nez, quand ils ne vont pas jusqu\'à casser ce qui leur tombe sous la main.
La plupart des habitants sont seulement exaspérés, d\'autres véritablement apeurés. Une vieille dame par exemple n\'ose pas allumer la lumière lorsqu\'elle entend le groupe de jeune sous sa fenêtre...

La toute-puissance de ces quelques skinheads révèle un autre problème, qui n\'est pas propre à Gy : la quasi-absence de gendarmerie dans la commune. Le bâtiment existe toujours, mais il est le plus souvent déserté.
En cas de problème, il faut donc avoir recours aux gendarmes de Pesmes ou de Marnay. Qui sont certes très efficaces et calment rapidement les véléités nazies des jeunes gens, mais qui mettent en moyenne 20 minutes avant d\'arriver sur place!
Alors, les villageois sont tentés de régler eux-même les choses. Ils connaissent les skinheads, savent où ils habitent, comment ils s\'appellent... Pour l\'instant, les victimes se contentent de porter plainte, mais viendra le jour où elles feront justice elles-même. Certains habitants gardent d\'ailleurs la barre à mine à portée de main...
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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