L\'art contemporain à la rencontre du travail

A Montbéliard, l'art contemporain à la rencontre du travail à la chaîne

Une exposition d'art contemporain revisite la fabrication d'une Peugeot 307 et se frotte à la réalité du travail à la chaîne, afin de "rendre hommage" au monde ouvrier, à Montbéliard, à partir de vendredi et jusqu'au 27 août.

Intitulée "Zone de production. Naissance d'une automobile", cette exposition "entend honorer la dette symbolique vis-à-vis du monde ouvrier qui travaille dans l'ombre", indique Dominique Dehais, le concepteur de cette
oeuvre hybride qui s'installe au Centre régional d'art contemporain de Montbéliard, tout près des usines de PSA Sochaux.

Sur les murs de la salle principale, un imposant schéma de production d'une 307 retracera le cycle de construction de la voiture "pour rendre compte de la complexité des tâches", commente M. Dehais qui invite les ouvriers de Peugeot à venir "se situer" sur ce processus et à signer ce "mural".

Au centre de la pièce, une Peugeot 307 sera démontée progressivement par l'artiste, qui entend ainsi relativiser l'importance accordée à l'automobile dans notre société.

Les pièces détachées seront disposées au sol dans leur
ordre d'assemblage. Au sol également, trois écrans diffuseront en boucle des entretiens réalisés par l'artiste avec des ouvriers à la chaîne de Peugeot autour de
quatre axes: leur fonction, les cadences, les moments de convivialité et de conflit. Dix-neufs entretiens ont déjà été réalisés.

Dans une petite salle attenante, un espace a été aménagé pour enregistrer d'autres témoignages d'ouvriers, recueillis et diffusés pendant l'exposition.

"Réaliser ces entretiens n'est jamais évident. Les ouvriers sont très méfiants par rapport à un art contemporain qui les a toujours ignorés. Certains hésitent aussi à s'exprimer quand ils ne sont pas syndiqués", indique
M. Dehais qui dit avoir été frappé lors des entretiens par "le renoncement" des ouvriers et "par ce qu'ils sont capables d'endurer dans leur travail".

Déjà auteur de plusieurs installations autour du travail, Dominique Dehais assure que le groupe PSA n'a pas souhaité participer à ce projet en affirmant que c'était "trop coûteux".
jt/pre/mfm
MONTBÉLIARD, 23 juin 2006 (AFP) -
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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