Besançon (25) : La destruction des 408 menacée par un couple de chauves-souris !

Comptant plusieurs centaines d'espèces, la chiroptera (ou chauve-souris) est un animal à la fois commun, redouté et - dans certains cas - menacé d'extinction.

Or, avec l'urbanisation massive et la destruction des forêts, les territoires de ces animaux sauvages se retrouvent réduis. Rapidement, ils ont réussis à s'adapter et à vivre dans certains quartiers des villes afin d'éviter l'extinction totale.

Besançon, avec sa rivière, constitue un espace intéressant pour la chiroptera car sa principale nourriture y est abondante : les insectes tels que les moustiques.

Le problème des 408



Depuis quelques années, la cité des 408, à Besançon, se dépeuple. Les habitants partent ou sont relogés car les conditions de vies ne sont plus acceptables : l'insalubrité des bâtiments et l'insécurité ont eu raison de ce programme immobilier.

Il a donc été décidé de détruire les bâtiments pour reconstruire quelque chose de neuf, plus petit et plus humain.

Mais, certains appartements condamnés depuis des années abritent maintenant de nombreuses espèces animales : souris, rats, insectes, etc. Et, il y a quelques jours, une association locale y à découvert quelques spécimens de chauves-souris.

Rien d'anormal jusque là, sauf qu'il s'avère que la loi interdit toute altération de l'habitat de cette espèce animale !

La loi empêche la destruction des bâtiments


La loi française est très claire : l'arrêté du 17 avril 1981 fixant la liste des mammifères protégés sur l'ensemble du territoire indique dans l'article 1 (abrogé en 2007) la chose suivante : "Sont interdits sur tout le territoire national et en tout temps la destruction, l'altération ou la dégradation du milieu particulier des mammifères d'espèces non domestiques suivantes [...] Chiroptères. Toutes les espèces de chauves-souris (Chiroptera sp). Insectivores." (voir le texte sur legifrance.gouv.fr)

Bref, il faudra trouver une alternative à la destruction d'au moins une partie de la cité des 408 si Besançon souhaite respecter la loi.

Plusieurs options sont étudiées


La municipalité, via ses services d'urbanisme, s'est donc rapprochée de Monsieur Lorenzo Lamas du WWF pour étudier les options possibles.

Tout d'abord, il n'y a aucun inconvénient à détruire une seule partie de l'immeuble concerné pour ne conserver que les endroits où les chauves-souris logent.

Il est donc maintenant envisagé une destruction partielle. En attendant le feu vert, une inspection entière des lieux avec des zoologistes devrait avoir lieu dans le courant du mois de mai 2017.

En effet, le projet doit être retardé car le spécialiste mondial de la chiroptera est actuellement occupé aux USA pour déterminer si les nouveaux habitants de la Maison Blanche sont des chauves-souris ou non...

Certains élus pensent en effet qu'il s'agit d'une supercherie : on aurait déguisé des hamsters en chauves-souris pour empêcher la destructions des immeubles - surement un coup de l'opposition. L'intervention du spécialiste sera alors déterminante pour la suite des opérations.

Une annexe de la Citadelle aux 408


Heureusement, d'un problème particulièrement gênant vient de naître une opportunité : et si on créait un espace adapté à la vie et à la reproduction de ces espèces menacés à la place des 408 ?

C'est en tout cas une idée qui se murmure à la mairie de Besançon. Il s'agirait donc de créer une annexe du parc zoologique de la Citadelle à l'emplacement des 408.

Le lieu sera dédié aux Chiroptères en tous genres et les spécialistes détermineront s'il est possible de faire venir des animaux plus volumineux comme les fameuses chauves-souris vampires.

Le projet, pour le moment baptisé "Bat-land" pourrait attirer jusqu'à 10 000 000 de touristes chaque année - d'après une estimation qui semble un peu optimiste.

Le budget nécessaire serait maitrisé puisqu'une majeure partie des travaux serait réalisé par les chauves-souris elles-même grâce à leurs déjections.

Tout pourrait donc rentrer dans l'ordre très rapidement et les 408 tels qu'on les connait actuellement ne seront bientôt plus qu'un lointain souvenir.
Publié le samedi 1 avril 2017 à 08h00

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