Philippe Renard : \"Pourquoi j\'arrête\"

Le président-fondateur du SC Clémenceau quitte la tête du club après 14 ans de succès. Une réussite qui ne lui a pas valu que des amitiés dans le microcosme du ballon rond. Il s’explique. Extraits de la vaste interview à lire dans l\'Hebdo de Besançon cette semaine.

L\'Hebdo de Besançon : Pourquoi quittez-vous la présidence du SC Clémenceau ?
Philippe Renard : Parce que je suis fatigué. Ça fait déjà trois ans que je disais vouloir prendre du recul. En fait, je suis fatigué de beaucoup de choses : il y a une partie qui a à voir avec ma vie privée, et une autre par rapport au foot. J\'ai été déçu par certaines choses… Un de mes gros défauts, c\'est que je marche beaucoup à l\'affectif. J\'ai été déçu par certains clubs bisontins qui portent des jugements sur ma personne sans me connaître. J\'ai essayé de tout faire pour créer une bonne ambiance entre les clubs. Mais le nôtre a suscité la jalousie parce que sa réussite gênait. Quand je vois qu\'au Tournoi des petits champions, certains clubs de Besançon étaient absents…

De quels clubs parlez-vous exactement ?
Je ne veux pas les citer. Ils se reconnaîtront. En tout cas, tout le monde avait été invité. (…) C\'est un drôle de milieu. Il y a deux ans, j\'avais voulu créer une commission des présidents de club, et on m\'a court-circuité. Jamais on arrivera à quelque chose à Besançon. Les collectivités nous aident et nous, responsables de clubs, on n\'arrive pas à s\'entendre. Je souligne cependant que j\'ai d\'excellents rapports avec les présidents de Velotte, Planoise-Saint-Ferjeux et Palente, qui ont appris à me connaître.

Y a-t-il d\'autres raisons à votre retrait ?
Il y a 14 ans, nous avions voulu faire un club de copains. Depuis deux ans, on voit que ce n\'est plus possible de fonctionner dans cet état d\'esprit. On est obligés de s\'entourer de joueurs de qualité, de parler d\'argent, alors que nous n\'avons jamais rémunéré les joueurs jusque là.

Vous pensez être victime de votre succès, en sorte ?
Tout à fait. Encore une fois, je suis vraiment déçu. J\'ai toujours, toujours essayé de faire ce que j\'ai pu : j\'ai sponsorisé le BRC, Planoise-Saint-Ferjeux… Au départ, on ne pouvait pas raisonnablement penser que le Clémenceau deviendrait le 4e club de Franche-Comté au nombre de licenciés. La réussite est complète. Nous sommes passés de la 5e division de district, avec 17 licenciés, à la Division honneur, avec 467 licenciés et 27 équipes. Nous avons connu 10 montées en 14 ans. Il y a cinq ans, vu l\'ampleur que prenait le club, j\'ai été obligé de déléguer, de créer différentes commissions : d\'un côté, ça me déchargeait, mais de l\'autre, tout n\'était pas toujours fait comme je l\'aimais. Je ne reproche rien à personne, mais je suis un perfectionniste. Je ne suis peut-être pas quelqu\'un qui aime déléguer.

Vous disiez que vous ne souhaitiez pas forcément monter aussi haut qu\'en DH. Etes-vous optimiste ou pessimiste pour le futur du club ?
(Long silence) Je pense que je n\'ai pas le droit de me prononcer là-dessus. Mais avec le comité directeur qui m\'entourait, il y a encore moyen de faire de belles choses au Clémenceau. Je tiens d\'ailleurs à remercier tous ceux avec qui j\'ai travaillé pendant ces 14 ans : les bénévoles, les joueurs, les sponsors, etc.
Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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