Doubs : Retour à la case départ

Pour des victimes de violences conjugales, franchir la porte d\'un commissariat n\'a rien de facile. Et quand par courage (et instinct de survie) certaines y parviennent finalement, la peur des représailles peut hélas encore ressurgir à tout moment et entraîner un volte-face.

Un regrettable cas de figure qui s\'est produit la semaine passée devant le tribunal correctionnel de Besançon, où un homme soupçonné de battre sa compagne a ainsi obtenu le soutien inattendu de cette dernière, qui est allée jusqu\'à « écri[re] une lettre au procureur pour lui dire qu[\'elle] retirai[t] sa plainte ».

Cette plainte, qui faisait suite à 5 précédentes déclarations en main courante, avait été déposée en janvier dernier, après que le conjoint alcoolisé eut menacé de mort, bousculé et fait chuter violemment la victime contre un radiateur… parce qu\'elle s\'était isolée à la cuisine pour préserver leur fillette de 13 mois des fumées de cigarette. Des faits confirmés par un ami du couple, présent ce jour-là.

Mais voilà, en soutenant lors du procès que « ce qu[\'elle a] dit ne s\'est pas passé », la jeune femme, dont le regard craintif en aura dit long sur son état de soumission, aura bien tristement joué en la faveur de son bourreau (un Algérien en situation irrégulière), tout sourire à l\'énoncé du verdict : 5 mois de prison avec sursis, en dépit de l\'incrédulité des juges…

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Publié le jeudi 1 janvier 1970 à 01h00

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