Belfort : Tarif lent

En mars dernier, nous vous relations l'histoire peu banale de cette carte de vœux qui, depuis la Haute-Saône, avait mis pas moins de deux mois pour arriver à Besançon. Le retard avait alors trouvé sa raison dans l'itinéraire surprenant qu'avait suivi le courrier, passé par l'Amérique du Sud pour rejoindre le Doubs.
Une explication "rationnelle" qu'un couple de belfortains aimerait bien obtenir à son tour (et à juste titre), après avoir reçu pour sa part une lettre, vieille de... 22 ans. Qui dit mieux ?

Datée précisément du 17 octobre 1991, celle-ci leur aura en effet très récemment apporté de tièdes "nouvelles" d'un de leurs amis, ventant alors les mérites de sa cure thermale dans les Alpes-de-Haute-Provence.
Rentré depuis, celui qui avait 60 ans à l'époque et accuse aujourd'hui le poids de ses 80 balais n'aura pas échappé aux remerciements tardifs des destinataires. Lesquels auraient d'ailleurs très bien pu ne jamais voir la couleur de cette carte postale décorée des Gorges du Verdon.

Reçue il y a peu par le lycée Grand-Chênois de Montbéliard où l'épouse du couple travaillait 20 ans plus tôt comme infirmière, la missive, pour être acheminée, aura dû compter sur l'opiniâtreté des responsables du courrier à retrouver la trace de sa mystérieuse destinatrice. Désormais inconnu des services de l'établissement scolaire (ou presque), c'est finalement du côté de l'intendance que le nom de Christine Riblet aura fait tilt et permis de faire suivre la lettre jusqu'à destination, ponctuant un périple de 700 bornes… à 32km/an de moyenne.

En réponse à cette énigme, La Poste a pour l'heure évoqué sans certitude la possibilité que la lettre paresseuse se soit trouvé coincée derrière une machine de tri, avant d'être libérée bien des années plus tard, par le plus grand des hasards.

Ce qui est sûr en revanche, c'est que l'expression « Quoi de neuf ? Rien que du vieux ! » n'a jamais autant pris sens...

C.R
Publié le lundi 2 septembre 2013 à 18h18

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